Astuces pour dater vos vêtements vintage

Si vous êtes passionné(e) de vintage et de chine comme moi, vous devez être souvent curieux(se) de connaitre l'époque de fabrication des vêtements que vous chinez .

Cela fait 8 ans que cette curiosité ne m'a jamais quitté et que je me passionne  pour le vintage. Il y a 5 ans,j'en ai fait mon métier en ouvrant ma propre boutique en ligne vintage www.unstyleretro.com .

Tout au long de ces années, j'ai appris de multitudes d'astuces pour dater les vêtements que je chine .

Je partage régulièrement ces petites astuces sur mon compte instagram laura_unstyleretro  et aujourd'hui j'ai le plaisir de les partager avec vous dans cet article.

Alors prenez un petit calpin pour prendre des notes et à la fin de cet article vous serez des as de la datation c'est promis !

1er conseil avant de démarrer

Pour dater vos vêtements vintage je vous conseille de ne pas vous focaliser immediatement sur la recherche  de la décennie de fabrication de votre vêtement mais plutôt de procéder par élimination.

C'est en éliminant les décennies dans lesquelles votre vêtement n'a pas pu être fabriqué que vous arriverez à la bonne décennie de fabrication de votre article.

Attention:

Ces astuces concernent la datation de vêtements de prêt à porter français ou européens mais également de vêtements vintage confectionnés maison ou par une couturière en France durant le XX ème siècle (ce qu'on l'on chine le plus couramment dans les vide-greniers et brocantes)  .

Car avec les guerres successives, la France et l'Europe plus généralement avaient accumulé beaucoup de retard par rapport aux États -Unis . Les modes et les techniques de confection aux USA étaient beaucoup plus avancées et modernes.

Ce qui explique que l'on ne peut pas dater de la même manière des vêtements vintage fabriqués en France et aux États-Unis ,en particulier ceux confectionnés entre 1920 et 1960.

Pareillement, ces astuces portent sur la datation des vêtements de prêts à porter ou confectionnés maison et non des vêtements de luxe, de créateur ou de spectacle ayant bénéficié également à l'époque de techniques et modes de confection plus évolués et modernes .

I. Les étiquettes

Si le vêtement que vous avez chiné possède une étiquette, vous pouvez vous estimer chanceux car le plus souvent, cette petite étiquette suffira à elle seule à dater votre article avec précision.

Si au contraire, votre article n'en possède pas, je donnerai d'autres astuces plus loin dans l'article pour dater des pièces vintage sans étiquette.

1) Les symboles d'entretiens

Les symboles d'entretien ont été inventés dans les années 50 afin de répondre aux nouvelles problématiques du marché de l'après-guerre  mais également parce que la mise sur le marché des matières synthétiques après la seconde guerre mondiale bouleverse les habitudes des consommateurs habitués à entretenir leur vêtement et linges de maison en fibre naturelle (telle que le coton, le lin ou la soie)

En France,ce n'est que dans les années 60 que les symboles d'entretien apparaissent sur les étiquettes .

En 1963 c'est la création du groupement international de l'étiquetage pour l'entretien des textiles  (GINETEX) qui veillera à ce que ces symboles d'entretien soient standardisés dans tous les pays.

Au départ, toutes les marques de prêt à porter ne font pas systématiquement figurer ces symboles d'entretien sur leurs étiquettes mais dès la fin des années 60 ils sont pleinement généralisés .

Concrètement si le vêtement de prêt à porter français que vous avez chiné possède une étiquette mentionnant ces symboles d'entretien, sa date de fabrication ne peut être antérieur aux années 60.

Mais s'il ne possède pas de symbole d'entretien cela ne signifiera pas pour autant qu'il est ancien (il peut être certes ancien mais également avoir été confectionné dans les années 60 ou même plus récemment) En effet les vêtements confectionnés par exemple par des couturières ne portent pas de symbole d'entretien sur leur étiquette. 

Ainsi, ce n'est pas l'absence de symbole d'entretien sur votre étiquette qui vous aidera à dater votre vêtement mais la présence des symboles d'entretien qui vous permettra d'éliminer toutes les décennies antérieures aux années 60 comme décade* possible de fabrication de votre article.

2) Étiquettes brodées ou imprimées

Avant les années 50, dans le prêt-à-porter français, les étiquettes étaient brodées.

Ce n'est qu'à partir des années 60 que sont apparues les étiquettes imprimées dans le prêt-à-porter français.

Concrètement, si l'étiquette de votre vêtement de prêt à porter français est imprimée, votre article ne peut avoir été fabriqué avant les années 60.

(Attention aux États-Unis ou dans le luxe, les étiquettes imprimées existaient déjà dans les années 50)

Le fait que votre étiquette soit imprimée vous permettra donc d'éliminer toutes les décennies antérieures aux années 60 comme décade* possible de fabrication de votre article.

En revanche, le fait que votre étiquette soit brodée ne signifiera pas que votre vêtement est ancien . Il peut l'être comme il peut être de fabrication récente . 

En effet de nombreuses marques continuent aujourd'hui de faire broder leur marque sur leur étiquette. La liste de ces marques est trop longue pour en faire une liste exhaustive, mais pour n'en citer que quelques-unes il y a par exemple Burburry, Betty Barclay, NAF NAF, Cacharel, Camaïeu ou même Pimkie.

étiquette années 90 kookaï

3) La marque

La marque inscrite sur l'étiquette peut également vous aider à dater votre pièce.

Aujourd'hui avec les moteurs de recherche, il est très facile de connaitre la date de création des marques de prêt à porter parmi les plus connues.

En revanche pour les créateurs locaux peu distribués sur le territoire, les marques régionales, ou encore artisanales, il est parfois plus compliqué de trouver des informations les concernant.

Prenons l'exemple de la marque Camaïeu.

Une recherche rapide sur le net nous permet d'apprendre que cette marque a été créée en 1984 pour le prêt-à-porter femme (la marque camaïeu homme a été créée elle en 1991).

Par conséquent, si vous avez chiné un article portant une étiquette Camaïeu(femme), il n'a pas pu être fabriqué avant 1984  . Cela vous permettra d'éliminer toutes les décennies antérieures aux années 80 comme décade* possible de fabrication de votre pièce.

3) Numéro de lot

Avant les années 80; la mention sur l'étiquette du numéro de lot permettait  de repérer les groupes de pièces produites pour différents magasins.

Si votre étiquette porte un numéro de lot, votre pièce a été fabriquée avant les années 80. Cela vous permettra d'éliminer toutes les décennies postérieures aux années 70 comme décade possible de fabrication de votre vêtement.

4) Made in

On trouve la mention "MADE IN " en anglais sur les étiquettes des vêtements de prêt à porter distribués sur le territoire français dès les années 60

(Attention, dans le luxe français, la mention "made in" apparaît dès les années 30. Et à l'étranger, la mention "Made in" est utilisée dès la fin du 19ème siècle)

La mention "MADE IN CHINA" apparaît sur les étiquettes des vêtements de prêt à porter distribués et vendus en France dès les années 80.

Par conséquent, si votre vêtement vintage de prêt-à-porter français porte la mention "MADE IN FRANCE" en anglais sur son étiquette, il ne peut être antérieur aux années 60.

Et si votre vêtement vintage de prêt-à-porter porte sur son étiquette la mention "MADE IN CHINA" il ne peut être antérieur aux années 80.

(Attention: Il est possible de trouver sur les brocantes et vides greniers en France,  des vêtements ayant été achetés en Polynésie Française ou en Nouvelle Calédonie, portant la mention "MADE IN HONK KONG" par exemple. Ces vêtements peuvent avoir été fabriqués dès les années 60 ou 70)

5) Le prix d'origine

Si votre étiquette mentionne le prix de votre article c'est aussi une chance pour vous de pouvoir dater votre vêtement avec précision.

Il arrive parfois que le prix soit écrit à la main sur l'étiquette souvent au crayon de papier ou au stylo-bille.

Le montant indiqué vous aidera à dater votre article, selon qu'il s'agisse d'anciens francs, de nouveaux francs ou d'euros.

Pour rappel:

Franc (germinal) 1803-1928 1 livre = 0,987 7 franc

Franc (Poincaré) 1928-1959

Nouveau franc 1960-1962 1 nouveau franc = 100 « anciens » francs

Franc (FRF) 1963-2002 (Renommage) 1 franc = 1 nouveau franc

Euro (EUR) 2002- en cours 1 euro = 6,559 57 francs 

 

6) Étiquettes à trou

Dans les années 60/70 des étiquettes à trou étaient destinées à être déchiffrées par une caisse enregistreuse. Elles ont disparu dans les années 80. 

Aujourd'hui, il est possible de chiner des vêtements deadstock (invendue avec étiquette de vente d'origine) avec ce genre d'étiquettes. Si vous en trouvez un exemplaire, il ne peut ni avoir été fabriqué avant les années 60, ni après les années 70.

Cela vous permettra d'éliminer toutes les décennies antérieures aux années 60 et postérieurs aux années 70 comme décade* possible de fabrication de votre article.

7) La taille

Dans le prêt-à-porter français, les tailles françaises (38, 40, 42 ect ...) commencent à apparaitre sur les étiquettes dès les années 50.

Les tailles (1, 2, 3 ect ...) dès les années 60.

Si vous chinez régulièrement, vous vous être sans doute aperçu que les tailles indiquées sur certaines étiquettes vintage ne correspondent pas du tout aux tailles d'aujourd'hui. J'ai entendu tout un tas de théories farfelues sur cette différence de taille et les raisons pour lesquelles les "anciennes" tailles taillent plus petits.

L'explication qui circule le plus couramment c'est que les femmes étaient plus minces et avaient la taille plus fine à l'époque, parce qu'elles n'avaient pas la même alimentation, ou parce qu'elles portaient des corsets. Cette théorie affirme que ce serait pour cette raison qu'une taille 38 dans les années 60 correspond à un 34 aujourd'hui. 

C'est naturellement faux. Il n'y a qu'à voir les photos de Marilyn Monroe ou de Sophia Loren pour se rendre compte que le corps de la femme n'était pas plus mince qu'aujourd'hui, et que toutes les morphologies qui existent aujourd'hui existaient également il y a 60 ans.

Néanmoins il est vrai qu'une taille 38 dans les années 50/60 correspond à un 34 aujourd'hui et que plus généralement il y a 2 tailles de différence avec nos tailles actuelles . Pourquoi ?

À la fin des années 70 et au début des années 80, nous sommes en pleine mondialisation et les dirigeants des plus grandes industries de mode décident d'uniformiser les tailles pour faciliter le marché des marques à l'international.

Pour cela il a fallu aligner les tailles françaises aux tailles des autres pays .

C'est pour cette raison que les tailles d'époque ont pris 2 tailles de plus.

Au départ et dès la fin des années 70, ce sont les plus grandes marques de prêt à porter qui commencèrent à mettre à jour leur taille sur leurs étiquettes puis les plus petites marques se sont par la suite alignées au début des années 80 .

Ce changement de taille ne s'est pas fait d'un seul coup mais sur une fourchette de 3 années que j'estime d'après mes constatations, entre 1979 et 1982.

Alors concrètement lorsque vous chinez une pièce indiquant sur son étiquette taille 40 mais qu'elle taille plutôt 36 c'est que cette pièce est antérieure aux années 80. 

Pour en être absolument certaine, prenez votre mètre de couturière et mesurez le tour de poitrine de votre vêtement par exemple si c'est une robe. Si votre robe est d'après l'étiquette en taille 40 mais que son tour de poitrine est plutôt de 80/83 cm, c'est qu'il s'agit d'une ancienne taille 40 qui correspond à un 36 actuel et que votre vêtement a donc été fabriqué avant les années 80.

(Vous trouvez facilement sur internet des tableaux indiquant les mensurations pour chaque taille)

Bon à savoir: La taille unique apparaît dans le prêt-à-porter français dans les années 80

8) Numéro de téléphone et codes postaux

Il arrive que l'étiquette d'un vêtement vintage mentionne un numéro de téléphone ou un code postal . Cette mention vous aidera à dater votre article .

Concernant les numéros de téléphone:

De 1928 à 1963,  chaque abonné compose lui-même sur le cadran de son appareil téléphonique les trois premières lettres du nom du central, suivis de deux fois deux chiffres : DIDerot 32.39, BALzac.18.09, ODÉon 12.14…

 

À partir de 1963, les numéros de téléphone deviennent entièrement numériques et comptent six ou sept chiffres selon les endroits. 

Le 25 octobre 1985,  la numérotation passant de six ou sept chiffres à huit chiffres.

 

Le 18 octobre 1996, la numérotation passe à  dix chiffres.

Concernant le code postal:

Le code postal est expérimenté à partir de l'année 1964, puis est généralisé le 26 octobre 1965 . Son format est alors constitué d'un nombre à deux chiffres correspondant au code des départements .

Le 3 juin 1972 le code postal passe à cinq chiffres. 

9) Un nom de pays qui n'existe plus

Sur les étiquettes, l'on trouve parfois la mention "made in" avec le nom d'un pays qui n'existe plus.

L'exemple le plus courant est la mention "made in West Germany" disparu depuis 1990 après la réunification de l'Allemagne.

Si vous chinez un article portant cette mention, il a forcément été fabriqué avant 1990.

II. Systèmes de fermetures

1) Fermetures éclair en métal

A présent voyons tous les éléments qui pourront vous aider à dater votre pièce vintage, en particulier si elle ne possède pas d'étiquette.

La présence ou non d'une fermeture éclair, son emplacement et la matière dans laquelle elle est faite, seront des indices précieux :

Créée au 19ème siècle, la fermeture éclair en métal apparaît dans la confection en France dès les années 20/30 uniquement sur les vêtements pour hommes et enfants .

Dans la confection féminine, la fermeture éclair se fait plus timide .

En France, dans les années 20, elle est considérée comme vulgaire. Les femmes qui portaient des fermetures éclair étaient considérées comme "faciles à déshabiller".

Néanmoins dans le monde du spectacle, sur les costumes de scène, elle était tout de même utilisée pour son côté pratique. Il n'est donc pas impossible de trouver des pièces des années 20 pour femmes fabriquées en France avec une fermeture éclair en métal mais ceci est très rare .

Dans les années 30/40, toujours en France, la fermeture éclair dans la mode féminine reste timide, on la dissimule sur le côté latéral des robes .

fermeture éclair en métal années 40

Fermeture éclair latérale années 40

Dans les années 50, en France, la fermeture éclair, toujours en métal, se démocratise petit à petit. Elle reste dissimulée dans la couture latérale. C'est au milieu des années 50 que l'on commence à porter la fermeture éclair au milieu du dos.

(Attention: encore une fois dans le monde du spectacle, le cinéma, le théâtre, mais également sur les pièces de créateurs, la fermeture éclair en métal était déjà portée au milieu du dos dès les années 40. On peut le constater dans les films d'époque avec l'actrice Arletty par exemple . Mais dans la vie de tous les jours, les vêtements confectionnés à la maison ou par une couturière et dans le prêt à porter, la fermeture éclair en métal au milieu du dos n'arrivera qu'au milieu des années 50).

Dans les années 60 et toujours en France, la majorité des vêtements de prêt à porter portent des fermetures éclair situées au milieu du dos.

En 1963 apparaissent les fermetures éclair en plastique.

À la fin des années 60 et début des années 70, toujours en France,  la mode est de porter la fermeture éclair sur le devant. La fermeture éclair en plastique est généralisée.

Les fermetures éclair en métal restent couramment utilisées pour les pantalons et les vestes jusqu'à nos jours.

Précision: Aux États-Unis la fermeture éclair n'a jamais été honteuse à porter comme elle l'a été durant plusieurs décennies en France. Dès les années 30 les femmes portaient les fermetures éclair sur le devant . Il a fallu attendre la fin des années 60 pour qu'en France la fermeture éclair devienne également tendance sur le devant.

Concrètement, si vous chinez un article de prêt à porter et de fabrication française avec une fermeture éclair en plastique, il ne peut avoir été fabriqué avant 1963. Cela vous permettra d'éliminer les décennies antérieures aux années 60 comme décades* possibles de fabrication de votre pièce.

Si vous chinez une robe de prêt à porter ou confectionnée maison, de fabrication française, avec une fermeture éclair au milieu du dos, elle ne peut avoir été fabriquée avant les années 50 ( sauf exceptions vues plus haut comme les vêtements de scène, cinéma, de créateurs etc .) 

Si vous chinez une pièce de prêt à porter et de fabrication française, avec une fermeture éclair sur le devant, elle ne peut avoir été fabriquée avant la fin des années 60.

2) Les boutons

Avant que la fermeture éclair soit généralisée dans la mode féminine, plusieurs systèmes de fermeture existaient et perdurent de nos jours .

Parmi ces systèmes de fermeture, il y a biensur la traditionnelle boutonnière qui a connu différentes tendances.

Au début du XXème siècle, les boutons étaient le plus souvent en nacre. On en trouvait également en bois, en os , en cuivre, en ivoire, en corne, en émail, en tortue , en tissu, en cuir et également en argent.

Boutonnière latérale 1910s boutons en nacre

Le verre était également utilisé à partir de 1910.

De 1920 à 1939 la tendance était au faux bois type Burwood en Syroco.

Dans les années 40 et 50, outre le bois et le tissu qui restèrent couramment utilisés pour les boutons, la tendance était au verre transparent mais également au bakélite  (1er plastique synthétique inventé en 1909) , au lucite (Plexiglas)  et au verre de couleur. 

Dans les années 60 et jusqu'à nos jours la tendance est aux boutons en métal et en plastique moderne .

Bouton métal 1960s

Il est facile de reconnaitre la nacre, le bois ou l'émail mais il est plus compliqué de différencier le plastique type bakélite du plastique moderne . 

Savoir les différencier vous aidera grandement à dater votre pièce vintage.

La bakélite est un plastique dur et lourd qui durcit au contact de la chaleur, il ne fond pas. A contrario, le plastique moderne lui, est léger et fond ou ramollit au contact de la chaleur.

Le moyen le plus fiable pour moi de différencier les 2 et de chauffer une aiguille sous une flamme et de piquer le dos d'un des boutons de votre pièce.

Si les boutons de votre vêtement sont en bakélite, l'aiguille ne rentrera pas dans la matière. Au contraire si les boutons de votre vêtement sont en plastique moderne, l'aiguille rentrera dans la matière. Au niveau du trou,  la matière noircira, et si vous approchez votre nez du bouton, vous sentirez une odeur de plastique brulé.

D'autres techniques existent que vous pouvez trouver sur le net comme frotter votre bouton avec un coton imbibé d'alcool. Si votre bouton est en bakélite, des tâches jaune devraient apparaître sur le coton.

Concrètement, si les boutons de votre vêtement sont en plastique moderne, il n'a pas pu être fabriqué avant les années 60.

Par contre si les boutons de votre article sont en bakelite, cela ne signifiera pas qu'il est ancien. Les matériaux comme la bakélite, mais aussi la nacre, le bois sont encore utilisés de nos jours dans la confection.

3) Autres

Les autres systèmes de fermeture étaient les agrafes et les boutons-pression (inventé en 1886) couramment utilisés jusqu'au début des années 60.

III. LES COUTURES 

1) Coutures et finitions

Ce paragraphe vous aidera également à dater des pièces vintage ne portant pas d'étiquette venant du prêt-à-porter français mais aussi des pièces faites maison ou par des couturières.

Avant et pendant les années 40, les coutures faites par les machines étaient irrégulières; les points n'étaient pas uniformes. 

Pour éviter que les bords s'effilochent on faisait à la main une couture zig zag, en biais ou au point de chausson . On reconnaît facilement que cette finition a été faite à la main car les coutures sont irrégulières et que l'on distingue le noeud d'arrêt.

La plupart des femmes faisant leurs vêtements elles-même privilégiaient la couture anglaise . La couture anglaise est une technique de couture spécifique qui permet d'obtenir une finition très propre sur l'envers du tissu, sans bords apparents.

Ainsi les bords du tissu étant cachés dans la couture, ils ne s'éffilochaient pas et l'on pouvait garder son vêtement en bon état plus longtemps.

années 50

années 40

Dans les années 50 ,les coutures restent irrégulières et les points dissemblables

Pour éviter le travail fastidieux de faire une finition des bords à la main, il était courant d'utiliser un ciseau dentelé (inventé en 1893). Si vous avez une robe dont le bord des coutures est dentelé il est fort possible qu'elle soit des années 50. Les bords dentelés permettaient que le tissu s'effiloche moins rapidement comme la finition main zig zag ou en biais vues plus haut.

Dans les années 60 les machines à coudre sont plus précises, les points sont réguliers et uniformes . Les machines à coudre maison ont la fonction intégrée du point zigzag.

Si les bords des coutures de votre vêtement de prêt à porter français sont faites avec une couture zig zag mécanique régulière et que ses points sont égaux les uns des autres c'est que cette pièce est donc postérieure aux années 50.

Zig-Zag mécanique années 70

Dans les années 60 et dans  le prêt-à-porter français, l'on voit apparaitre également le point de surjet mécanique avec la première utilisation des surjeteuses . La surjeteuse est un type particulier de machine à coudre, elle permet de couper, piquer et surfiler un ou deux tissus en une seule opération. Cela permet à la fois d'assembler des tissus et d'effectuer les finitions. Elle a été inventée à la fin du 19ème siècle mais n'est utilisée en France dans le prêt-à-porter qu'à partir des années 60.

Ainsi, si votre pièce de prêt à porter Français a des finitions faites à la surjeteuse elle ne peut avoir été fabriquée avant les années 60.

Finition surjeteuse années 70

Par la suite, les coutures n'ont pas beaucoup plus évolué. Le point de surjet mécanique s'est totalement généralisé.

Mais les finitions à la main ont perduré. En France les femmes ont continué de confectionner leurs propres vêtements jusqu'aux années 70. Il est donc courant de chiner ce genre de pièce avec des finitions zig zag faites à la main. Cela ne signifiera pas que ces pièces sont anciennes.

Mais c'est le point zig zag mécanique et le point de surjet mécanique dans le prêt-à-porter français qui vous permettra d'éliminer toutes les décennies antérieurs aux années 60 comme décade* possible de fabrication de votre article.

2) Les broderies

Avant les années 40, les broderies sur les vêtements étaient très souvent faites à la main étant donné que les femmes confectionnaient en grande majorité leurs propres vêtements . La broderie mécanique existait mais était plus couramment utilisée pour le linge de maison.

 L'on peut distinguer la broderie mécanique de la broderie faite main par les noeuds d'arrêt aux dos des broderies. Ces points d'arrêt sont des noeuds faits par la couturière lorsqu'elle n'a plus assez de fil pour continuer son ouvrage. Sur certaines broderies faites main et très bien ouvragées il est parfois difficile de les percevoir. Dans la broderie mécanique il n'y a pas de noeud de point d'arrêt.

Il était aussi courant de broder ses initials sur son linge de corps jusqu'aux années 50 (souvent avec un fil de couleur rouge).

Initials brodées au fil rouge 1910s

3) L'élastique

Au XXème siècle, les élastiques étaient couramment utilisés pour les sous-vêtements en particulier après la Première Guerre mondiale. 

En dehors des sous-vêtements, on favorisait les systèmes de fermeture traditionnels vus plus hauts comme les boutonnières et les agrafes.

C'est à partir des années 50 que l'élastique s'étend aux vêtements .

Les élastiques étaient jusqu'aux années 40 en coton puis en nylon et coton dans les années 50 puis en polyester et élasthanne à partir des années 60.

Ces informations vous aideront à dater donc votre pièce vintage.

Concrètement si votre article bénéficie d'un élastique en nylon, c'est qu'il est postérieur aux années 40, s'il est en polyester et élasthanne, votre article est postérieur aux années 50.

4) La doublure

La présence ou non d'une doublure vous aidera également à dater votre article vintage.

Avant la fin des années 60, les vêtements étaient rarement doublés (sauf exception robes de spectacle, de bal ou cérémonie) 

Les femmes portaient systématiquement des combinaisons et des jupons sous leurs robes .

À partir de la fin des années 60, on commence à doubler les robes . La tendance de l'époque étant au tissu synthétique épais et opaque, la doublure n'était pas encore populaire.

La doublure connaît son avènement dans les années 80 ou elle fut popularisée et démocratisée.

Vous différenciez une doublure des années 60/70 et une doublure des années 80 grâce à sa matière . À la fin des années 60 et dans les années 70 les doublures sont souvent faites dans une mousseline ou viscose très légère .

Dans les années 80, les doublures sont faites en polyester à l'aspect satiné et opaque.

Concernant la doublure des manteaux, voici une petite astuce: Avant les années 60, la doublure des manteaux était souvent "flottante". C'est-à-dire qu'elle n'était pas cousue à la matière extérieure du manteau en bas . Cette information vous aidera à différencier les manteaux anciens et de fabrication récente.

IV. La matière

Que votre article vintage possède une étiquette ou non, il est la plupart du temps aisé de reconnaitre une matière synthétique d'une matière naturelle.

Je dis la plupart du temps car une viscose de qualité peut imiter la soie à la perfection .

Connaitre les périodes d'apparition ou de démocratisation des matières synthétique et apprendre à les reconnaitre entre elles vous aidera également à dater vos vêtements vintage.

1) La viscose

La viscose naturelle a été inventé a la fin du 19ème siècle .

Mais en France,elle n'arrive que dans les années 20. D'abord appelée soie artificiel, elle est ensuite appelé "rayonne" . Elle a été créée pour répondre à la demande de tissus semblables à la soie, mais plus économiques. Bien que fragile, elle est alors également une alternative au velours, au crêpe ou au lin. Confortable, économique à produire et se teignant facilement, la rayonne s'implante partout dans l'habillement. Après la crise de 29 elle est totalement démocratisée.

La viscose devient totalement artificielle en 1938.

Depuis et jusqu'à nos jours la viscose est utilisée pour imiter la laine, la soie, le lin ou le coton.

On reconnaît la viscose  parcequ'elle est peu élastique, se froisse vite alors que le polyester ne se froisse pas, elle a un fort pouvoir absorbant et ne feutre pas. La viscose est également lourde à la différence du polyester qui est léger. 

2) Le Polyester

Le polyester fut créé en 1941.

Mais en France, la fibre polyester n'est apparue qu'en 1954 sous la marque Tergal (équivalent du Dacron de DuPont), créée par la firme Rhodiacéta. Pour la petite histoire, le terme « Tergal » est formé de « Ter » (pour « polyester ») et « gal » (pour « gallicus »), c'est en somme le « polyester gaulois » (Rhodiaceta fut une firme de Rhône-Poulenc). En france il est surtout popularisé dans les années 60 et connait son apogé dans les années 70

tergal 1960s

Tergal 1960s

Pour reconnaître un tissu en polyester , si il n'est pas mentionné sur une étiquette, vous pouvez retirer un fil de votre article ( au niveau des coutures par exemple) et le bruler. Il sentira une odeur de pétrole, de plastique et dégagera une assez mauvaise odeur . Il va également fondre plutôt que brûler.

 Plus généralement, toutes les fibres synthétiques, lorsqu'elles sont brulées s'enroulent sur elles-mêmes pour s'éloigner de la chaleur et ont tendance à fondre.

À la différence des fibres de coton qui elles, s'enflamment dès que la flamme s'approche.

Au toucher, le polyester glisse entre vos doigts alors que la laine accroche. Il ne froisse pas et est très léger comparé à la viscose.

3) L'elasthanne

L'élasthanne traduit en anglais par spandex ou élastance fut créé en 1958.

En France l'élasthanne aussi appelé lycra est utilisé  à partir des années 60 essentiellement dans les vêtements de sport et les maillots de bain.

Dans les années 70,  après s'être introduit dans le marché des vêtements de sport, l'élasthanne se démocratise dans le domaine du cyclisme, puis de la gymnastique et de la danse.

C'est à partir des années 1980 que son usage s'élargit à d'autres vêtements comme les pantalons dits stretch, composés de toile de coton (éventuellement en denim pour les jeans), auquel il est ajouté une petite proportion d'élasthanne (entre 2 et 10 %) qui les rend étirables. À cette époque, la tendance des vêtements moulants est décuplée en Occident. 

On reconnaît l'élasthanne par une élasticité importante  ; un retour à la forme d'origine après étirement ; un séchage plus rapide qu'un tissu ordinaire.

4) Le polyamide/ Nylon

La première utilisation du nylon était une alternative à la soie. Mais sa première application commerciale concernait les poils de brosse à dents en 1938. 

C'est en 1940 qu'il commence à ête utilisé pour les bas .

Dans les années 50, il se démocratise dans la confection de vêtements . Mais c'est dans les années 60 qu'il rencontre le plus de succès.

Il est apprécié pour sa résistance et sa ressemblance à la soie. Le nylon est utilisé dans la fabrication des collants, de la lingerie, des coupes-vent.

On reconnaît le polyamide-nylon parce qu'il produit de l’électricité statique. Il est thermoplastique, solide . Il est également léger, extensible et imperméable. On le retrouve dans la doublure des manteaux et vestes, les maillots de bain ou les vêtements de sport. Des imperméables et des parapluies sont également créés à partir de cette matière hydrophobe qui sèche rapidement.

5) L'acrylique

L'acrylique (PAN, polyacrylonitrile,  Creslan, Orlon, Acrilan, Zeran) a été inventé en 1942 durant la Seconde Guerre mondiale . L'acrylique a ensuite été industrialisé en 1948 par une société américaine (la même société ayant industrialisé l'élasthanne)

En France c'est dans les années 50 qu'il est démocratisé.

L’acrylique est utilisé sous beaucoup de formes différentes dans l’industrie textile. Elle permet de fabriquer aussi bien des pulls que de la lingerie ou des imitations de fourrure. Le plus souvent, elle est mélangée avec le coton, la laine ou d’autres fibres synthétiques.

On reconnaît l'acrylique car son toucher est laineux et doux et imite la laine. Il est confortable et infroissable mais bouloche facilement et n’a pas de tenue. L’acrylique est isolant et retient la chaleur, il ne respire pas, et conserve les odeurs. Il ne nécessite pas de repassage et sèche vite.

V. Écoutez votre instinct

Enfin, la dernière astuce que je conseillerais pour dater vos vêtements vintage est d'écouter votre instinct. 

À force de chiner des pièces de différentes décennies, vous allez petit à petits vous familiariser avec les matières, les coupes, et les modes de chaque époque.

Je vous conseille également de chiner des magazines d'époque qui vous aideront à assimiler et à acquérir des connaissances des différentes tendances, styles et mode de chaque décennie . Ainsi avec de la pratique, vous réaliserez que vous identifiez rapidement la décennie des pièces que vous chinez.

Observer l'étiquette, les coutures, les boutons et tous les points vus plus hauts vous permettront seulement de confirmer votre 1re observation.

Faites confiance en votre instinct d'experte ! 

Conclusion

 Si vous avez terminé de lire cet article sans vous ennuyer, c'est que vous êtes un(e) vrai passionné(e) de vintage ! 

À présent, vous pouvez avoir confiance en vous et chiner avec assurance !

Vous n'aurez plus peur de chiner en ligne et vous saurez quelles questions pertinentes poser aux vendeurs si vous avez des doutes sur la décennie de fabrication de l'article que vous souhaitez acheter .

Si vous avez d'autres astuces pour dater vos vêtements vintage ou que vous notez des erreurs dans cet article, surtout n'hésitez pas à m'en faire part.

Bonne chine !

Laura Simeand

* "Décade" est utilisé dans cet article dans son sens anglais qui signifie période de 10 ans.

1ère photo crédit: Ketty Beyondas pour le Journal de Saône et Loire 

Autres photos : Laura Siméand

 

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